Que mangent les rats : alimentation et préférences

Temps de lecture 10 minutes
Le rat, un omnivore généraliste
Le rat surmulot (Rattus norvegicus), espèce dominante dans les villes et les égouts européens, est un omnivore strict. Son appareil digestif est adapté pour traiter aussi bien des matières végétales que des protéines animales. Contrairement à des rongeurs plus spécialisés, comme l'écureuil granivore ou le campagnol herbivore, le rat ne dépend d'aucune source alimentaire particulière pour survivre.
Cette plasticité est le résultat d'une longue coévolution avec l'homme. En s'installant dans notre sillage depuis des millénaires, le rat surmulot a appris à exploiter nos stocks alimentaires, nos déchets et nos cultures. Aujourd'hui, ses besoins journaliers sont estimés entre 15 et 30 grammes de nourriture et 15 à 60 millilitres d'eau selon les conditions environnementales, des seuils modestes qui rendent sa survie possible même dans des milieux apparemment austères.
Le rat noir (Rattus rattus), moins courant en France mais présent dans les zones portuaires et les régions méditerranéennes, est davantage frugivore et granivore. Il colonise préférentiellement les hauteurs, combles, toitures, entrepôts, et son régime, plus végétal, diffère légèrement de celui du surmulot.
Les aliments préférés des rats
Si le rat peut techniquement tout manger, il n'en reste pas moins qu'il développe des préférences marquées. Les études comportementales et les observations de terrain identifient plusieurs catégories d'aliments particulièrement recherchées.
Le blé, le riz, le maïs, l'avoine, les pâtes, le pain : les céréales constituent la base la plus fréquente du régime alimentaire du rat urbain. Riches en glucides complexes, faciles à stocker, disponibles dans la plupart des habitations et entrepôts, elles représentent une source d'énergie fiable. Un sac de riz mal fermé, une boîte de céréales laissée ouverte dans un placard ou des grains répandus sous une mangeoire d'oiseaux suffisent à établir une zone d'approvisionnement régulier.
Les rats apprécient particulièrement les fruits sucrés et mûrs : raisins, pommes, poires, baies. Dans les jardins, les arbres fruitiers dont les fruits tombent au sol constituent une attraction puissante. Les légumes sont également consommés, surtout les légumes-racines comme les carottes ou les patates douces, ainsi que les cucurbitacées. Le rat noir, plus arboricole, est particulièrement friand de fruits.
Contrairement à une idée reçue, le rat n'est pas simplement un « mangeur de graines ». Il consomme volontiers des protéines animales : restes de viande ou de poisson, œufs, insectes, larves, cadavres d'animaux. Dans certains contextes, poulaillers, élevages,, il peut attaquer des poussins ou voler des œufs. Cette capacité à couvrir ses besoins en acides aminés essentiels via des sources animales lui confère un avantage décisif en milieu urbain appauvri.
Les noix, noisettes, amandes, graines de tournesol, beurre de cacahuète ou encore le fromage figurent parmi les aliments les plus attractifs pour les rats. Leur densité énergétique élevée en fait des cibles prioritaires. Cette attirance pour les corps gras est d'ailleurs exploitée dans la formulation des appâts rodenticides professionnels.
Chocolat, confiseries, fruits confits, miels : les rats sont sensibles aux sucres simples, notamment lors de périodes de stress ou de froid, où les besoins caloriques augmentent. Cette préférence est plus marquée chez les individus jeunes.
Ce que mange un rat selon son environnement
Le régime alimentaire d'un rat n'est pas figé : il varie considérablement en fonction du milieu dans lequel il évolue. C'est l'une des clés de sa remarquable adaptabilité.
Que mangent les rats en ville ?
Le rat urbain est avant tout un opportuniste des flux de déchets humains. Il exploite les poubelles non sécurisées, les restes de restauration rapide jetés dans la rue, les dépôts sauvages d'ordures ménagères, les canalisations chargées de matières organiques. Dans les égouts des grandes villes européennes, les rats surmulots se nourrissent des résidus alimentaires qui transitent dans les eaux usées. Leur régime est donc calqué sur nos habitudes de consommation : riche en glucides rapides, en graisses saturées, en sel.
Que mangent les rats dans une maison ou un appartement ?
À l'intérieur d'une habitation, le rat accède à une ressource alimentaire diversifiée. Il cible en priorité :
- Les placards de cuisine (sachets de farine, de pâtes, de riz, de flocons d'avoine)
- Les corbeilles à fruits laissées sur le plan de travail
- La nourriture pour animaux domestiques (croquettes, pâtées)
- Les poubelles intérieures sans couvercle hermétique
- Les miettes, résidus et graisses sous les appareils électroménagers
Il peut également ronger les emballages plastiques, les boîtes en carton, voire certains câbles électriques, non pas pour se nourrir, mais pour user ses incisives à croissance continue. Les dégâts matériels liés au grignotage dépassent souvent la seule question alimentaire. La présence de crottes de rat à proximité des zones de stockage alimentaire constitue un indice fiable de leurs circuits d'approvisionnement.
Que mangent les rats dans un grenier ou une cave ?
Ces espaces de stockage sont particulièrement vulnérables. Le rat de grenier ou de cave accède aux denrées mal conditionnées : sacs de légumineuses, bocaux dont les couvercles ne sont pas hermétiques, réserves de céréales, conserves artisanales dont l'odeur filtre à travers les bouchons de liège. Dans une cave à vins, il peut s'attaquer aux bouchons et aux étiquettes papier. Ces rongeurs sont d'ailleurs capables de grimper le long des murs et des canalisations pour atteindre ces zones de stockage en hauteur.
Que mangent les rats des champs ?
En milieu agricole, le rat campagnard dispose d'un garde-manger naturel d'une grande richesse. Son régime comprend des graines sauvages, des tubercules, des racines, des insectes et leurs larves, des vers de terre, des petits invertébrés, des baies et des champignons. Lors des récoltes, il s'attaque directement aux cultures en place (blé, maïs, tournesol) ou aux stocks en silos. Il est ainsi responsable de pertes agricoles significatives chaque année.
Le comportement alimentaire : rituels et stratégies

Les rats présentent des comportements alimentaires complexes, qui vont bien au-delà de la simple liste de ce qu'ils consomment. Cela contribue à leur efficacité pour survivre dans divers environnements et explique souvent pourquoi des mesures de lutte mal ciblées échouent.
Un comportement notable est la néophobie, qui signifie qu'un rat est naturellement méfiant face à tout nouvel aliment ou objet introduit dans son territoire. Un appât nouvellement déposé peut rester ignoré durant plusieurs jours, avant que le rat n'approche prudemment et n'prend une petite part pour tester les effets potentiels. Si aucun signe d'alerte ne se déclenche, le rat reviendra pour en consommer davantage. Par ailleurs, les rats vont instaurer une hiérarchie sociale strictement respectée pour leur nourriture; les individus dominants consomment en premier et ont accès aux meilleures sources. Ce comportement d'imitation, couplé à d'autres comportements, comme la thésaurisation alimentaire, où les rats emportent la nourriture depuis les zones de collecte vers leur terrier pour constituer des réserves, explique leur capacité à s'adapter et à survivre dans des conditions variées.
Le rat, principalement nocturne, se nourrit principalement dans les heures qui suivent la tombée de la nuit et avant l'aube. Cela lui permet d'éviter une exposition aux prédateurs et aux activités humaines diurnes. Comprendre ces comportements complexes est essentiel pour mettre en place des méthodes de dératisation efficaces. Une stratégie mal ciblée basée sur une compréhension incomplète de ces comportements alimentaires sera généralement vouée à l'échec.
Ce qui attire les rats dans une habitation
Comprendre ce que mangent les rats conduit directement à identifier ce qui les attire. La présence de rats dans ou autour d'une habitation n'est jamais le fruit du hasard : elle répond à la disponibilité de trois ressources fondamentales, nourriture, eau, abri.
Sur le plan alimentaire, les principaux facteurs d'attraction sont :
- Les poubelles non fermées hermétiquement, surtout les conteneurs extérieurs accessibles
- La nourriture pour animaux domestiques laissée dans des gamelles en plein air ou dans des locaux non étanches
- Les mangeoires à oiseaux, dont les graines tombées au sol constituent un appel direct
- Les composteurs mal gérés, notamment ceux recevant des restes de viande ou de produits cuits
- Les fruits tombés sous les arbres dans les jardins
- Les stocks alimentaires mal conditionnés : sacs en papier ou en plastique souple facilement éventrés
Une règle simple prévaut : tout ce qui nourrit un rat dans un rayon de 50 mètres autour d'une habitation augmente le risque d'infestation. Le surmulot explore rarement au-delà de 50 à 100 mètres de son gîte pour se nourrir. Supprimer les sources d'alimentation accessibles est donc la première mesure préventive efficace, avant même toute pose de piège ou d'appât. Il est également essentiel de boucher les trous et passages par lesquels les rats accèdent aux zones de stockage alimentaire.
Ce que les rats évitent ou rejettent

Le rat n'est pas sans discrimination. Certains aliments, odeurs ou contextes peuvent le dissuader, au moins temporairement.
Les rats évitent généralement :
- Les aliments avariés présentant des signaux olfactifs de toxicité (moisissures avancées, fermentation anaérobie)
- Les plantes à composés répulsifs naturels comme la menthe poivrée en forte concentration ou l'euphorbe, bien que ces effets soient limités et temporaires en conditions réelles
- Les zones où ils ont été exposés à des substances toxiques non létales (ils développent une aversion conditionnée remarquablement durable)
- Les aliments très piquants (capsaïcine), bien que leur tolérance à cette molécule soit supérieure à celle de nombreux autres mammifères
Ces aversions ne constituent pas des solutions de lutte fiables à elles seules. Le rat, sous pression alimentaire, finit par surmonter bon nombre de ses réticences. Seule une combinaison de suppression des sources de nourriture, de sécurisation des accès et, si nécessaire, d'une intervention professionnelle de dératisation permet de régler durablement un problème d'infestation.

Nuisibles OutOf : le spécialiste dératisation du Sud-Aveyron
Garde-manger, poubelles mal fermées, jardin, composteur, gamelles d'animaux : les rats s'adaptent à toutes les sources de nourriture disponibles autour d'une habitation. Comprendre leur régime alimentaire aide à repérer pourquoi ils se sont installés chez vous, à Millau comme dans les fermes et hameaux du Sud-Aveyron.
Nuisibles OutOf réalise un diagnostic complet qui identifie ces points d'attraction avant de mettre en place un traitement adapté. Un rat qui trouve à manger reviendra toujours : c'est souvent la première chose à corriger.
FAQ : Que mangent les rats ?
Les rats sont attirés en priorité par les aliments riches en énergie : céréales (riz, blé, maïs, avoine), matières grasses (noix, beurre de cacahuète, fromage) et sucres. En milieu urbain, ils exploitent avant tout ce qui est le plus accessible, restes alimentaires, poubelles ouvertes, nourriture pour animaux domestiques, plutôt que de chercher un aliment en particulier.
Oui. Le rat est omnivore et consomme des protéines animales sans difficulté : restes de viande, poisson, œufs, insectes, larves, voire des cadavres d'animaux. Dans un poulailler, il peut s'attaquer aux poussins ou voler des œufs. Cette dimension carnée est souvent sous-estimée mais elle fait partie intégrante de son régime naturel.
Pas tout à fait. Si le rat est un omnivore très adaptable, il n'avale pas aveuglément n'importe quoi. Il présente une méfiance naturelle envers les aliments nouveaux (néophobie), évite les substances dont il a déjà subi les effets toxiques, et développe des préférences stables selon les ressources disponibles dans son environnement. Il reste cependant bien moins sélectif que la plupart des autres mammifères.
Un rat adulte consomme entre 15 et 30 grammes de nourriture par jour, et boit entre 15 et 60 millilitres d'eau selon les conditions. Ces besoins modestes lui permettent de survivre dans des environnements où les ressources alimentaires semblent peu abondantes. Il fractionne généralement ses prises en plusieurs petits repas nocturnes.
Les rats sont principalement nocturnes. Leur activité alimentaire se concentre dans les deux à trois heures qui suivent la tombée de la nuit, avec un second pic avant l'aube. Un rat actif en plein jour est souvent le signe d'une colonie importante et d'une compétition alimentaire forte au sein du groupe.
Les principales sources d'attraction alimentaire sont les poubelles non hermétiques, la nourriture pour animaux laissée accessible, les mangeoires à oiseaux (graines tombées au sol), les composteurs contenant des restes cuisinés, les fruits tombés dans le jardin, et les denrées stockées dans des emballages en carton ou plastique souple facilement éventrés. Supprimer ces sources est la première étape de toute prévention efficace.
Oui. Les rats pratiquent la thésaurisation : ils transportent de la nourriture depuis les zones de collecte vers leur nid ou leur terrier pour constituer des réserves. Ce comportement est plus marqué en automne. Il explique la présence parfois inexpliquée de graines ou de céréales dans les cloisons, les isolants ou sous les parquets.
Le rat brun (Rattus norvegicus), ou surmulot, est l'omnivore le plus polyvalent : il mange de tout et exploite prioritairement les déchets organiques au sol et dans les égouts. Le rat noir (Rattus rattus), plus arboricole, est davantage frugivore et granivore. Il colonise les hauteurs (combles, entrepôts, toitures) et consomme préférentiellement des fruits, des graines et des matières végétales.
Que mangent les rats ? Tout ce que nous leur laissons manger. Leur régime alimentaire omnivore, opportuniste et socialement organisé fait d'eux des adversaires redoutables dans la gestion des nuisibles. Céréales, fruits, protéines animales, matières grasses : leurs préférences couvrent l'essentiel de nos propres ressources alimentaires. Leur comportement de néophobie, de stockage et d'imitation au sein de la colonie complexifie encore les stratégies de lutte.
La meilleure prévention reste la suppression des sources d'attraction : sécurisation des contenants alimentaires, gestion rigoureuse des déchets, entretien des espaces extérieurs. Dès lors qu'une infestation est avérée ou suspectée, l'intervention d'un professionnel certifié permet de mettre en place un protocole adapté, sûr et conforme à la réglementation en vigueur.
En savoir plus sur les rongeurs
Pour approfondir vos connaissances sur les rats et les solutions de lutte adaptées, consultez nos ressources complémentaires :
- Encyclopédie des rongeurs : Identification, biologie et comportement des principales espèces nuisibles
- Rat dans les toilettes : Comprendre comment les rats remontent par les canalisations et accèdent à vos ressources alimentaires
- Prix d'une dératisation : Estimez le coût d'une intervention professionnelle adaptée à votre situation